jeudi 17 septembre 2009
De la croatie a la Germanie
Le moral balancant entre l'envie de revoir les proches et le sentiment d'une fin de voyage prematuree.
Pour ne pas nous imposer un rythme d'enfer pendant ces derniers jours, nous montons une derniere fois a bord d'un bus pour plus ou moins 400km (Split-Rijeka).
Du point de vue velocipedique, et malgre des paysages magnifiques, nous retiendrons surtout des cotes croates ses routes surchargees et l'antipathie de ses habitants. Meme si nous nous abstenons de faire une generalite, nous n'avions jamais ete confronte a un accueil aussi froid.
Les visages souriant, la vegetation verdoyante, qui n'est pas sans rappeler notre bonne vieille wallonie, et le calme que nous retrouvons en Slovenie nous fais donc grandement plaisir.
Le soir venu, nous nous ravitaillons en eau dans un bar. La sympathie de la serveuse nous pousse a commander une biere. Rapidement, nous sommes rejoints par 4 cyclistes londoniens partis de Budapest, ou ils assisterent auTziget festival, pour rejoindre d'ici deux mois Athenes.
Au file des discussions, Severina, la serveuse, nous propose de rester loger chez elle et nous presente quelques figures amblematiques du village :
Un vieux hippies qui se prend pour son garde du corps et qui la suit partout.
Un sexagenaire persuade d'etre originaire de Venus.
Un ancien ingenieur mathematicien qui, depuis quelques annees, passent sont temps a sillonner les alentours en collectant un maximum de carton...
Severina aussi est un phenomene a part entiere. Elle revendique un lien de parente avec les aliens, aborde un tatouage de l'epaule a la cheville, etc. Nous n'en avons pas fini avec nos rencontres surprenantes et c'est tant mieux. A noter que tous les slovenes habitant la region frontaliere s'expriment parfaitement en Italien et trouvent ca logique vu la proximite des deux pays...
Bref, nous passons une soiree haute en couleur et repartons le lendemain matin, le moral gonfle a bloc, vers l'Italie.
Nous debarquons dans les plaines surexploitees de l'Italie du Nord par la ville de Gorizia (moitie slovene - moitie italienne).
Entre les industries et les plantations en tout genre, ils ne restent pas un espace libre.
Nous sommes donc oblige de "forcer" l'hospitalite des gens pour planter la tente dans leur jardin.
Nos hotes, un couple de boulanger, semblent au premier abord un peu hesitant. Pour la premiere fois, nous sommes confrontes a un discours securitaire typique de l'occident. Mais, par la suite, ils se revelent tres charmant. Un cafe, une tarte et des sandwich pour le midi nous attendent d'ailleurs a notre reveil.
Vient alors le dernier obstacle naturel nous separant de la Belgique : les dolomites et les Alpes.
Les deniveles s'enchainent et les pass s'accumulent. Les paysages sont splendides mais a l'inverse des regions montagneuses precedemment traversees, nous ressentons un enorme decallage entre nous et le mode de vie locale.Ici c'est plutot grosses cylindrees (innombrable dans la region), coupe cabriolet et hotel de luxe.
Neanmoins, bien que moins frequente, la chaleur humaine nous surprend encore.
Saisis par la fermeture dominicale des supermarches et des boulangeries, nous nous offrons le luxe d'un spaget-bolo au resto. Quand nous demandons la note, le serveur nous annonce que tout a deja ete regle par le couple d'autrichien assis quelques tables plus loin.
Deux jours plus tard, c'est un couple de retraite campinois qui nous offre la chambre d'hotel alors que nous nous remettions peniblement d'un passage de pass sous la neige.
L'arrive en Autriche se fait par le pass del Rombo (2509m). Un veritable mur : 50km d'ascension (17 lacets) pour 2200m de deniveles dont 900m dans les 9 derniers kilometres.
La frontiere franchie, nous nous trouvons confrontes a tous les stereotypes du pays : les montagnes, les nuages, la pluie et au pied du col, nous atterissons dans une fete de village ou la biere coule au rythme des musiques traditionnelles au son de laquelle danse les tiroliens.
Comme la pluie gagne en intensite au milieu de notre souper, nous sonnons aux portes a la recherche d'un abri. L'hospitalite d'une monitrice de ski, nous permettra de dormir au sec sur des ballots de paille.
Le lendemain, le climat reste maussade. Nous passons donc l'apres midi sous la pluie et la neige fondante alors que nous gravissons notre sizieme pass en 5 jours.
La descente fut elle aussi des plus "savoureuse" : les mains geles par le froid et la pluie et les freins d'une efficacite toute relative. C'est donc frigorifie que nous debarquons dans une auberge pour avaler une soupe bien chaude. Inutile de dire que la proposition, faite par deux de nos voisins flamands, d'y rester loger fut acceptee avec la plus grande joie.
Le dernier jour dans les alpes se deroule fort heureusement sous le soleil. Nous decouvrons enfin le charmant paysage montagnard qui nous entoure. Place ensuite aux collines allemandes que nous sillonons actuellement par des routes de campagnes ou des pistes cyclables (grande premiere depuis notre depart).
Dans ce pays frontalier au notre, l'exotisme est quasi inexistant et tout nous rappelle que c'est bientot la fin.
Du point de vue climatique aussi la Belgique se fait de plus en plus sentir. Nous degustons donc de la grisaille, de la bruine et des averses qui nous bloquent au fond de nos tentes ou nous trempent le reste de la journee.
en vrac : De la Croatie a la Germanie
lundi 7 septembre 2009
D Istanbul a la Croatie
que de chemins parcourus depuis nos dernieres nouvelles, d'Istanbul nous voila maintenant a Dubrovnik en Croatie.
Commencons par Istanbul, cette megapole plantee dans un environnement splendide, entre Europe et Asie, entre terre et mer. A notre arrivee, nous avons eu du mal a mettre la main sur l homme ayant propose a Gael de venir dormir chez lui trois semaines plus tot, alors qu il voyageait en stop dans l Est du pays. De lui nous n avions qu une adresse et un numero de telephone, meme pas son nom. Ni le numero ni la sonnette de l appartement ne nous donnerent de reponse mais les habitants du quartier ont vite compris qui on venait chercher, nous ne sommes pas les seuls voyageurs qu il a l habitude d heberger apparemment. Finalement, nous arriverons a le joindre par internet, nous aurons quelques mots de lui : la cle est sous le paillasson! Nous sommes epates par la confiance qu il nous octroie alors qu il a parle au maximum 5 minutes avec Gael 3 semaines plus tot. Nous emmenageons donc dans notre nouveau chez nous sans notre hote avant d aller faire un tour dans la ville. Nous ne verrons notre hote qu en rentrant vers minuit : il s appelle Baran, a des longs cheveux, passe sa vie a accueillir des gens gratuitement et a jouer de la batterie. Nous vous epargnons le programme de notre visite de la ville, on passera beaucoup de temps a s y promener au hasard, tentant de s impregner de l ambiance de la ville. Nous avons egalement retrouve les amis italiens de Gael avec qui il a roule en Cappadoce, ils sont vraiment de bonne compagnie. Nous avions decide de repartir le samedi matin, le 15 aout, mais avant cela, il nous fallait decouvrir la vie nocturne de cette ville, nous sommes donc partis le vendredi soir feter le 14 aout comme a Lidje. Apres un petit restaurant genereusement offert par nos amis italiens, nous nous embarquons dans les nombreuses ruelles a cafe du quartier de Taksim. Ce grand nombre de cafe dans de petites ruelles fait un peu penser a notre carre en 6 fois plus grand mais le standing y est un peu plus luxueux que par chez nous ; nous, au contraire, notre standing n est pas des plus avenants : sandales, shorts a trous et T-shirt presque meme pas sale au milieu des robes de soiree et autres, ca passe pas trop bien. Nous essuyons ainsi quelques refus d entrer, dans ce meme pays nous ayant ouvert toutes les portes de ses maisons, ca fait jamais plaisir. Finalement, nous atterissons au Joker, cafe connu de Gael lors de son dernier voyage et tenu par un pote d un pote. Chouette! on nous laisse rentrer. Le barman "YBT" a l air d adherer au dicton "les amis de mes amis sont mes amis", nous nous faisons donc arroser correctement le gosier par ce dernier qui, des que la biere est terminee, lance depuis la pompe la petite soeur glisser sur le bar pour arriver pile poil entre nos mains. Lorsque nous trouvons la force de quitter nos chaises et ce bar sympathique, il refuse que nous payions quoi que ce soit de nos nombreuses consommations.
Le lendemain, c est avec un bon gros mal de cheveux que nous nous reveillons dans la precipitation pour ne pas rater notre bus vers Tekirdag : nous avons en effet decide d eviter la sortie interminable et chaotique d Istanbul en velo et prenons donc un bus. En fin d apres midi, nous revoila sur nos betes au bord de la mer de Marmara, l estomac toujours retourne mais heureux de la visite d Istanbul, heureux aussi de repartir a velo le long de la mer.
De cette sortie de la Turquie ainsi que de la traversee du Nord de la Grece, nous n attendions rien de special, nous pensions a des grosses routes dans des paysages pas terribles mais nous avions tort. Des le premier soir, nous dormons a la belle etoile dans un parc naturel, foret de pin en bord de mer... apres le tumulte d Istanbul, ce retour au calme est bien agreable. Nous empruntons un maximum de petites routes, nageons dans la mer pendant nos pauses. Bientot, la mer de Marmara laisse la place a la mer Egee et la frontiere grecque approche. Le passage de cette frontiere etait synonyme de beaucoup de choses pour nous. Il signifiait la fin de la Turquie qu on a vraiment aime, la fin des pays asiatiques et lointains. C est le debut de l Europe, de l'Occident avec tout ce qui va avec : la richesse, l Union Europeenne, le retour a une facon de vivre proche de la notre, la fin des invitations multiples aussi.
L union europeenne nous sauta effectivement a la gueule, apres 5 mois dans des pays plus pauvres, "en developpement", ca fait tout bizarre de se retrouver la. Le changement n est nullement progressif, il apparait d un coup lors du passage de frontiere. Nous nous etions pourtant trompe sur une chose, l hospitalite et la generosite ne se terminent pas avec cette entree dans l Europe mais elles sont differentes : alors que nous buvions le cay avec des fermiers edentes la veille, nous nous retrouvons le lendemain invites par un ingenieur post doctorant vivant dans une villa proche de la mer et partant en vacances en Asie du Sud Est. Nous sommes enormement etonnes par le nombre de choses que les habitants nous offrent et ce sans meme nous avoir parle : cafes, fruits, legumes, tartes... Pitie ou generosite, ca nous fait quand meme plaisir.
Nous avons pris 5 jours pour traverser le Nord de la Grece, alternant petites routes sympas et plus gros axes pour pouvoir avancer. En gros, on s attendait a pire et on est plutot content du resultat. Un bemol cependant : des que le soleil venait a se coucher, nous nous faisions prendre en chasse par des hordes de moustiques transformant nos sympathiques soirees en enfer, nous obligeant a sortir nos vestes et pantalons de pluie malgre la chaleur des soirees grecques.
Vint ensuite la frontiere macedonienne et la premiere ville de ce pays, Bitola. Cette ville faite de blocs HLM a la communiste nous replonge dans les petites villes d Asie centrale. Alors que nous avions tire un trait sur ces etranges villes dont nous adorions l ambiance, nous y revoila pour notre plus grand plaisir. Notre traversee de la Macedoine fut courte (deux jours) mais nous avons eu le temps de parcourir un parc naturel sympathique coince entre deux lacs bien jolis. A peine le temps de se faire au deux trois mots de jargon local et nous voila a la frontiere albanaise.
Nous sommes a nouveau frappes par la difference de niveau de vie. Decidement la grece n etait pas le cap decisif de l entree dans les pays riches et prosperes... En Albanie, c'est le retour en force des anes et des charettes, des maisons construites n importe comment, du manque total d infrastructures publiques et notamment de routes, la vie rustique revient ici en force. Comme dans chaque pays que nous traversons, nous essayons de prendre le plus de route secondaire possible mais, ce que nous ignorions, c est que dans ce pays ultra montagneux, seuls quelques gros axes sont sommairement asphaltes.
Au mieux, les routes secondaires sont des pistes rocailleuses, au pire, des chemins forestiers totalement defonces. Meme si la pauvrete nous a choque ailleurs, nous ne pensons pas avoir vu un tel manque de service public.
Lors de notre premiere journee, apres plusieurs kilometres de grimpette et une descente coriace dans des decors ahurissants et sauvages, nous arrivons fin d'apres midi au village de Selishte. A peine arrive, Gevito, bucheron de profession preferant boire des bieres que couper du bois, nous propose son aide. Comme de nombreux albanais, il a profite de l ouverture des fontieres dans les annees 90 pour tenter sa chance en Italie. Nous soupons dans sa famille et discutons avec son pote Immerto de leur "periple" italien. Il est interessant d ecouter l experience difficile de ces ex sans papiers, de ces deux hommes arrives la sans rien connaitre de l italien. Renommes Mario et Giovanni par leur patron, ils travaillaient enormement pour ne pas gagner grand chose, ils ont donc decide d abandonner leur 'Italian dream' et sont rentres au bercail. Gevito est un sacre gaillard : il crie haut et fort qu il adore boire tous les jours, qu il deteste travailler et qu il ne veut pas se marier. Sa mere, petit phenomene elle aussi, nous dit avec le sourire de le prendre avec nous et de le jeter ou on veut mais loin d'elle, qu il debarasse le plancher... Tres chouette soiree suivie d une bonne nuitee et d un petit dejeuner a l albanaise.
Nous sommes non loin d un tres beau site naturel que tout le monde nous conseille mais que personne ne croit possible de faire a velo. C est pire que les routes de la veille? c est physiquement possible? Nous nous rendrons vite compte que oui... Nous prenons deux camions en cours de route pour reduire le temps en bicyclette sur ce chemin desastreux, meme sur le camion, c est toute une aventure et nous vivons le trajet avec nos tripes : petite route en bord de falaise dont on ne prefere pas regarder le fond, denivelles incroyables ou on se demande si le camion ne va pas faire un cumulet en arriere et ou nous devons nous accrocher de toute nos forces a une corde pour ne pas tomber du camion. Bientot, nous voila seuls avec nos velos au milieu de cette route ou nous ne croiserons que deux jeeps sur la journee. Comme nous nous le sommes dits a plusieurs reprises, plus une route est pourrie et plus les decors sont grandioses, voila l equation qui ressort d une reflexion de 5-6 mois sur les routes... A 18 heures, le compteur n affiche que trente malheureux kilometres, on aurait presque ete aussi vite a pied mais heureusement la route vient a s ameliorer et, apres une nuit dans une ancienne ville miniere aujourd'hui deserte (de laquelle se degage une ambiance vraiment bizarre), nous retrouvons un semblant de route asphaltee qui fait un bien fou a notre posterieur et nous ramene jusqu a la cote.
La cote albanaise n a rien de particulier et nous nous retrouvons tres rapidement au Montenegro que nous comptions traverser le plus vite possible. Nous avions cependant sous estime le cote escarpe de ce pays dont le nom aurait pu nous mettre la puce a l oreille. Ce pays dont nous n attendions rien est a nouveau une grosse claque au niveau des paysages : innombrables montagnes en forme de domes, lacs, verdures... Ce decors est vraiment incroyable et est vraiment different des autres paysages de montagnes. Nous nous retrouvons rapidement a en peiner avec les denivelles qui s enchainent et avec le soleil qui nous brule toute la journee et Gael finira par nous faire une petite insolation. Nous verrons finalement la fin de ce pays arriver avec la magnifique baie de Kotor et nous voila enfin en Croatie.
Apres quelques heures de pedales, nous arrivons a Dubrovnik d ou j ai commence a vous ecrire ces lignes. Depuis ce moment, notre voyage a pris une toute autre tournure avec l arrivee d une fringante equipe d amis ayant fait le chemin depuis la Belgique pour nous faire coucou. Romain, Marie, Cyprian et Francois ont donc debarque sur les cotes croates pour une petite semaine plus festive que sportive et nous les remercions beaucoup d etre venus nous rendre une petite visite qui fut tres agreable. Nous y avons bourlingue de camping en camping, de petites plages en petites plages et avons particulierement apprecie notre passage sur l ile de Korcula.
Nous n avons cependant pas avance beaucoup et prenons donc d ici une demi heure un bus qui nous emmenera de Split a la frontiere entre la Croatie et la Slovenie, ce qui nous permettra de rentrer au royaume pour le samedi 26 et le fameux barbecue qui s y deroulera ou vous etes tous plus que fortement convies.
A tres bientot donc
Francois
En vrac
En sortant d' Istanbul, nous longeons la mer de Marmara et la mer Egee. Les pauses baignades se succedent...
... et les paysages sont des plus agreables.
Alors que nous rentrons au bercail, nous rencontrons Gael. Apres avoir parcouru l Amerique du sud pendant 18mois il y a un an, il repart pour deux ans a velo en direction de l' Asie du sud-est.
Et la dream team au complet
samedi 22 août 2009
Adri : Dernières nouvelles...
Bonjour à tous,
Dernier post sans doutes avant le retour définitif au pays du petit bar (www.lepetitbar.be)... Dernières nouvelles aux paysages moins exotiques que ceux des deux autres aventuriers, mais histoires et photos dépaysantes tout de même. Pour moi en tout cas, le retour au pays se fait depuis quelques jours : mon clavier "azerty" est aujourd'hui un parfait inconnu qu'il faut dompter a nouveau. Après 5 mois sur des "qwerty" sans accent, ça ralentit la frappe ! Retour aussi des frites double-cuisson, du camping payant, des cyclistes par centaines, des facilités de l'Europe, de ... De quoi encore ? Pas grand chose qui manque fondamentalement, en tous cas, à part les repas de Maman et la famille et les potes qu'on se réjouit de revoir. Et justement, je vous écris pour le moment du Luxembourg, chez mon parrain. Seizième pays du voyage, première étape de cette dernière ligne droite qui devrait nous voir atterrir Pauline et moi le 24 août à Plainevaux, avec quelques arrêts d'ici-là dans la famille. Seizième pays ? Eh oui, car il y en a eu, du chemin depuis Budapest. Du détail ? Ouvrez vos mirettes, ça arrive !
Avec l'arrivée de Pauline le 1er août, c'est un nouveau voyage qui commence. Finis les jours en solitaire, les semaines sans hôtels et sans douches parce qu'on ne dérange personne et qu'on aime cette odeur finalement associée à la bourlingue. Finis aussi les coups de cafard seul dans son lit le soir (les avertis y reconnaîtront deux allitérations et un emprunt à un groupe de rap français ;-), les trois repas quotidiens en solo. Bref, des retrouvailles et le point de départ de vacances en couple un peu originales. Une page se tourne, on se rapproche de la Belgique dans un pays qui y ressemble déjà un peu.
Budapest, avant-dernière des quatre capitales traversées par le Danube, ville aérée où le neuf et le moins neuf s'harmonisent aux bâtiments historiques, est le meilleur souvenir citadin que je garderai de ce voyage. Après y avoir passé deux jours dans une guest house assez banale, je remballe mes affaires pour un couchsurfing (système de logement gratuit à travers le monde, génial ! - www.couchsurfing.org ) haut en couleur. Rencontre d'Atilla, un local de 28 ans qui me fait visiter la ville, ses coins historiques et ses endroits festifs. Voici une petite anecdote qui allie les deux et que je trouvais assez sympa que pour être racontée ici : en 1848, dans l'ère des révolutions européennes, la Hongrie tente la carte de l'indépendance. Elle réussira là où d'autres échouèrent, mais pour un an seulement. En 1849 en effet, les Autrichiens reviennent en force, aidés des Russes. Les Hongrois sont écrasés, et les leaders de la révolution doivent remettre leur reddition. Une fois celle-ci signée, Autrichiens et Russes lèvent leurs verres et trinquent au nez et à la barbe des vaincus. Ce geste est perçu comme un affront : "Pendant 150 ans, plus jamais nous ne le reproduirons !", crie le général en chef. La consigne est suivie, et voila dix ans à peine (en 1999...) que les Hongrois peuvent faire comme le reste du monde et trinquer en toute amitié. Mais comme les coutumes se perdent difficilement, il arrive que certains refusent toujours de le faire. Ne vous vexez donc pas si une nouvelle connaissance "magyar" ne répond pas à votre verre levé ;-)
Ceci dit, revenons-en au principal. Pauline est arrivée le 1er août. Retrouvailles heureuses, nous visitons la ville pendant deux jours après avoir trouvé un super vélo d'occase. Réflexion faite, nous suivrons le Danube qui passe par plein de petits coins sympas, offre un minimum de commodités et un chemin facile. Durant quelques jours, nous passons d'une rive à l'autre sur ponts ou par ferrys, rencontrons de nombreux cyclos et découvrons plein de paysages. La Hongrie est nettement plus belle et intéressante de ce côté de la capitale qu'à l'Est du pays (voir mon dernier post au cas où). Collines autour de nous mais pas sous les roues puisque nous restons toujours dans la vallée, petites îles très tranquilles que nous rejoignons en ferry de temps à autres, décors apaisants, nous roulons entre 50 et 75 km par jour en direction de Bratislava puis de Vienne où nous attend un ami de Pauline. Apres avoir alterné les rives hongroise et slovaque, nous arrivons en vue de Bratislava. C'est une capitale carrément minuscule... Elle compte moins de 500 000 habitants (et encore, ça doit être banlieue comprise...) et on dirait que le centre, c'est juste un jardin. Mais même si nous ne sommes pas restes longtemps, on peut dire que c'est très mignon et qu'il doit y faire bon-vivre.
Le lendemain, nous sommes a Vienne, ville d'une toute autre dimension. Nous y passons deux nuits chez Herwig (l'ami de Pauline) et deux jours, à déambuler dans des rues impessionnantes et assez romantiques. On vous met des photos plutôt que des mots, c'est beaucoup plus parlant ici ! Mais nous ne nous sommes tout de même pas trop attardés : dans un voyage comme celui-ci, tracer la route manque rapidement. Nous decidons de partir le 11. L'objectif est de rejoindre Passau, ville-frontière entre la Hongrie et l'Allemagne, puis de prendre un train pour traverser l'Allemagne et atteindre Sarrebourg où nous rejoindront mes parents. Mais il y a un hic : aucun train n'accepte les vélos pour un trajet aussi long, et de toute manière, le billet est de 125€ par personne. Après une petite frayeur où aucune solution n'apparaissait clairement, nous avons trouvé de manière très chanceuse un covoiturage Vienne-France. Trajet cinq fois moins cher et beauoup plus sympa en compagnie d'un jeune chanteur israëlien (http://www.myspace.com/ahava3) et d'une famille de Rouen assez rock'n roll.
Nous roulons donc encore quelques jours à notre aise en remontant la Sarre et rejoignons Sarrebourg. Ensuite, ce sont les retrouvailles avec les parents, puis trois jours de route avec le Padre pour rejoindre le Luxembourg. Ayant commencé ce texte il y a quelques jours déjà, nous nous trouvons chez les Grands-parents pour profiter de nos tous derniers moments de voyage.
Demain, nous reprenons la route pour une petite étape qui nous conduira à Hamoir, pour terminer lundi à Plainevaux. Si le coeur en dit à certains, nous vous proposons de venir nous rejoindre, passer une nuit au camping du coin puis repartir le lendemain matin, ou de rouler à notre rencontre en partant de la rue du Centre à 11 heures. Retrouvailles pour les autres au petit bar. On se réjouit de vous revoir !
En attendant un tout dernier mail qui viendra achever ce blog et que nous écrirons certainement à trois, mon récit s'arrête ici. Le voyage continue avec François et Gaël qui ne rentrent que dans un mois. Des adieux émouvants à ce moment ;-)
En attendant, il me paraît quand même important de déjà remercier tous ceux qui nous ont soutenus dans ce voyage, par mail, message, coups de fil ou autres...
En espérant vous voir un jour sur les routes,
Adri
Adri-Pauline : Budapest-Maison
jeudi 13 août 2009
Gael: Kapadokya - Istanbul
Pourtant les seuls à me voir débarquer au bord de la piscine sont quatre retraités bretons.
Impressionnés par notre projet, ils décident de fêter ça avec une bouteille de raki.
Malgré la moyenne d'âge, je prolonge la soirée en leur compagnie avec en prime un bon souper et quelques verres de pinard.
Le lendemain, ce sont les nouveaux venus, des italiens, qui m'invitent à refaire le monde autour d'une liqueur Napolitaine et de délicieuses pâtes au pesto. Pour info, j'ai 'étudié' pendant un an en Italie et parle donc correctement l'italien. Cette soirée se passe à merveille et la multitude des sujets abordés m’offre un certain recul par rapport à nos kilomètres de vadrouilles.
Je pique une dernière tête dans la piscine, bichonne une dernière fois mes jantes (les turcs ont tendance à soigner leur bolide, j'en prends donc de la graine), inverse les pneus (le pneu arrière commence à affıcher de vilaines cicatrices) et met le cap sur la vallée de Zelve que je visite.
L'endroit est somptueux. N'ayant pas de guide, j'imagine à quoi ressemblait la vie ici il y a plusieurs milliers d'années et invente une 'seconde vie' à toute cette architecture troglodyte. Je suis sûrement loin de la réalité mais c’est néanmoins très plaisant.
Je fais ensuite une boucle par Capusin par Göreme, etc. Ca grimpe de partout et les distances entre les différents villages sont assez longues. La Cappadoce n'est définitivement pas la région concentrée et reposante que j'imaginais. Quand je quitte la place centrale de Derinkuyu pour aller chez mon hôte (un vieux maçon), je rencontre six cyclotouristes de Brescia qui sillonnent calmement la région. Nous décidons de rouler ensemble, dès le lendemain, pendant quelques kilomètres. Le rythme est plus tranquille et la compagnie fait du bien. Plus besoin de s’inventer des histoires pour s’entendre parler. Nous passons le midi sur la place de Güzelyurt et arpentons le village durant l’après midi. En soirée, je négocie pour planter librement la tente au bord de l’hôtel ; je n’ai pas les mêmes moyens que mes nouveaux compagnons. Mais les italiens, qui rivalisent avec les turcs en générosité, ne l'entendent pas de cette oreille. Ils m'offrent la chambre ainsi que le resto et me proposent de les accompagner pour une journée de plus. A ce tarif là, je n’hésite pas à leur emboîter le pas. Départ à 10h pour 12km de descente avant d’arriver dans la magnifique vallée d'Ilhara. Un 'canyon' percé de maisons, de tunnels et de chapelles au fond duquel se tortille une rivière. Nous nous y promenons très tranquillement pendant le reste de la journée qui se finit, comme le veut la tradition, au resto autour de quelques Efes. Bref de purs moments de détentes.
Après ces deux jours de vacances au programme très plaisant, je quitte la compagnie italienne et sort de Cappadoce ( Selime, Aksaray). Contraint et forcé, ou presque, je monte sur l’autoroute. Le paysage est quasi monotone: des champs à perte de vue et le lac salé (Tuz Gölu) durant toute la journée. Ne voulant pas de ce régime pour le lendemain je prolonge les heures passées sur le vélo et puise mon énergie dans le melon, le plat de riz, la salade et les çay que l’on m’offre. Je retrouve finalement un paysage et des routes plus sympathiques après 203km. Ce paysage champêtre et montagneux est à nouveau interrompu par une portion de près de 50km sur l'autoroute. Un trafic de fin de journée, un vent de face, des nuages menaçants et une banlieue industrielle, tous les ingrédients sont réunis pour passer une mauvaise soirée. Mais, comme à chaque fois, les turcs, qui gèrent parfaitement mon séjour dans leur pays, me viennent en aide. Une camionnette s’arrête et je monte à bord pour les 15km qui restent sur ce tronçon. Cinq minutes plus tard, nous embarquons un autre cycliste.
Cette fois, ce n’est pas un voyage qui fait rêver et qui vous donne des fourmis dans les jambes. Nima est photographe de presse en Iran et il fuit son pays où il est en danger de mort. Apres être monté 'clandestinement' dans le train reliant Tabriz et Van, il a roulé vers Ankara (près de 14h par jour) où il a demandé le statut de réfugié politique. Il se dirige maintenant chez un ami en espérant rejoindre l’Allemagne dans quelques mois. J’en reste évidemment bouleversé et suis mal à l’aise lorsque j’explique pourquoi je suis sur les routes. Nous partageons le risotto offert par les italiens et passons la soirée à discuter avant d’être interrompus par un orage.
Le lendemain, une fois que chacun a repris sa route, je profite deux fois plus de la chance que j’ai de pédaler paisiblement dans un tel décor. Un dernier col, et je plonge dans la vallée de Sakarya. Un paysage fantastique, mais néanmoins très physique, où les petits villages s’enchaînent. Je suis donc encore invité de nombreuses fois à boire le çay, prendre un repas ou passer la nuit. Des moments très plaisants qui ont rendu ma traversée de la Turquie extraordinaire.
Me voila à moins de 200km d'Istanbul et après de nombreuses tentatives j’arrive finalement à contacter François. Il est à une grosse journée de vélo derrière moi, je décide donc de l’attendre à Sarıcakaya.
Il nous faut encore deux jours et une vingtaine de çay pour rejoindre Istanbul où un séjour festif et 'culturel' nous attend. Nous y préparons également l’itinéraire des semaines prochaines qui est encore fort vague faute de carte précise.
A très bientôt
Gaël